Comme beaucoup de Matanais, j’attendais avec impatience l’ouverture du St-Hubert. Dès la première semaine, j’ai donc été parmi celles qui tentaient de se frayer un chemin dans le stationnement - qui visiblement n’était pas préparé à tant d’enthousiasme.
Mais voilà qu’en entrant chez Tim Hortons, j’ai été saisie par une affiche qui doit être là depuis un certain temps. On y voit des canettes et des bouteilles de plastique jonchant la verte pelouse d’un parc municipal, sous laquelle un slogan enjoint le consommateur de beignes à jeter ses déchets dans les vidanges. Vous avez dit jeter? Quoi, des bouteilles d’eau écrasées? Des années de formation à l’ABC du bac bleu réduites à néant! Sous prétexte de véhiculer une consigne de civisme (« Jetez vos déchets aux ordures, pas par terre »), on revient dix ans en arrière… Et le recyclage alors?
La nouvelle politique des matières résiduelles, rendue publique récemment, incitera peut-être les entreprises à effectuer le virage. Celle-ci consacre (enfin) le principe du pollueur-payeur. Désormais, le coût des services municipaux de récupération et de mise en valeur des matières recyclables sera entièrement assumé par les entreprises qui, par leurs produits suremballés, encombrent les sites d’enfouissement. On prévoit également aider les municipalités à se doter d’infrastructure de compostage et de biométhanisation. J’ai déjà hâte de mettre mon assiette compostable dans un bac brun!
Il y avait déjà eu les verres « Déroule le rebord » pour s’assurer d’inciter à se faire servir son café dans un verre jetable plutôt que dans les tasses réutilisables qui gardent si bien le breuvage au chaud. Maintenant cette affiche qui fait la promotion des poubelles. Vivement que ces dinosaures de l’image se mettent à l’ère du vert!
Texte proposé par Catherine Berger