lundi 14 septembre 2009

La sagesse des Winnebagos




Néo-matanaise, certaines subtilités de l'urbanisme local m'échappent parfois. Le trajet qui me mène de mon appartement du centre-ville jusqu'aux Galeries du Vieux Port apporte toujours son lot de réflexions et de questionnements sur l'aménagement des rives. Ainsi, je n'avais pas compris, jusqu'à récemment, le pourquoi de l'existence du bassin qui borde le Hart. Pourquoi en effet terminer abruptement la jolie promenade des Capitaines par un bateau échoué et un étang stagnant où flottent sacs de plastique et déchets divers?

Ce n'est que la semaine dernière, en m'arrêtant pour observer les murales du centre commercial que m'est apparue la réponse. Des passants flânant doucement sur les bords d'un bassin bleu ciel où flottent de petits voiliers. Des maisonnettes colorées, des fleurs, des enfants. La scène - idyllique - a quelque chose de triste, par contraste avec l'état actuel des lieux. À l'embouchure de la rivière Matane, on voudrait voir le littoral animé du grand fleuve, mais on ne trouve qu'un stationnement et une piscine sale - boudée même par les goélands.
 
Comme tout le monde, j'ai pesté une partie de l'été contre ces immenses roulottes qui se stationnent sur le bitume derrière les Galeries plutôt que d'encourager l'économie locale et d'aller découvrir ce que Matane a à offrir en termes de paysages verts. Mais à bien y réfléchir, il me semble que ces maisons sur roues ont compris quelque chose que nous avons du mal à saisir. Quelque chose comme la beauté du fleuve. Quelque chose comme le plaisir d'être à deux pas du centre-ville et d'humer les parfums de varech. Quelque chose qui semble évident pour les touristes de passage, mais que nous n'arrivons pas à mettre en valeur autrement qu'en parking de fortune. J'ai alors salué toute la sagesse des Winnebagos... 

Texte proposé par Catherine Berger



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