mercredi 19 août 2009

Vent de changement?



Ne trouvez-vous pas que ça sent les élections municipales? Pas à plein nez, évidemment, mais un peu comme on sent occasionnellement des effluves de soupe Lipton ou d’autres plats odorants lorsqu’on marche de rue en rue, on voit poindre ça et là quelques signes de la campagne électorale qui approche. Disons seulement que pour le moment, le scrutin qui s’en vient est loin de susciter les passions dans la Matanie. Alors que les annonces de candidatures et de retraits de la vie politique se multiplient un peu partout dans la province, on ne sait pas grand-chose du portrait qui se présentera ici aux électeurs en novembre prochain. Linda Cormier quitte, définitivement semble-t-il, et les deux seuls candidats annoncés à sa succession sont Guy A. Gauthier, actuellement conseiller, et Jean Nazair, anciennement maire de Ste-Paule. Du côté des sièges de conseillers, tout reste encore à déterminer.

Alors que la date du suffrage approche, le temps serait-il venu pour la jeunesse matanaise de se faire entendre? Même si le conseil municipal sera amputé de deux postes de conseillers, ce qui fait suite à une décision qui a nécessité que madame Cormier exerce son droit de vote et qui réduit encore plus l’accessibilité à la politique municipale pour les jeunes, ne serait-il pas temps que des candidatures jeunesse soient déposées pour tous les sièges du conseil? Pas besoin d’aller somnoler aux séances du conseil deux fois par mois et de lire ligne par ligne nos hebdomadaires locaux pour se rendre compte qu’il existe présentement un profond malaise à Matane, malaise qui opère à plusieurs niveaux et qui indispose une multitude de personnes, notamment des jeunes. Une simple promenade en ville et quelques jasettes sur le trottoir suffisent pour dresser un portrait plus ou moins reluisant de la municipalité et de ce qui s’en dégage.

Combien de dossiers sont menés de façon erratique? Résidence pour personnes âgées, rénovation du centre sportif Alain-Côté, salle de spectacle, pour ne nommer que ceux-là. Plusieurs s’inquiètent du fait que l’administration municipale semble naviguer à l’aveuglette parmi les dossiers. On questionne de plus en plus l’absence d’un réel schéma de développement pour la ville, schéma qui comporterait parmi ses objectifs beaucoup plus que du développement industriel et éolien. Un plan de développement qui pourrait insister sur plusieurs points qui occupent présentement le dessous de la pile des priorités municipales, s’ils figurent dans ladite pile, évidemment : communication, transparence, culture, arts, développement durable, environnement, revitalisation du centre-ville… Autant de dossiers qui sont problématiques à Matane et qui devraient être à l’ordre du jour d’ici novembre. Et qu’on ne vienne pas me faire croire que le conseil municipal y a travaillé. Au contraire, dans certains cas, la situation semble empirer. À Matane, on peut entendre dire qu’on va développer le centre-ville en aménageant une salle de spectacle moderne en périphérie du cœur urbain. À Matane, on peut citer un bâtiment comme monument historique pour ensuite l’abandonner grossièrement à un promoteur immobilier. À Matane, on peut à la fois annoncer en grand une nouvelle politique de l’arbre et sacrifier tout bonnement un des seuls espaces verts de la ville. On peut aussi, si on prête moindrement oreille, entendre des histoires abracadabrantes qui laissent perplexes quant à la nature et à la qualité des relations entre les autorités municipales et les citoyens et organismes qui l’entourent. La ville est malade, on pourrait continuer longtemps d’énumérer tout le négatif qui s’y rattache.

Cependant, madame Cormier quitte après deux mandats avec le sentiment du devoir accompli et se targue d’avoir contribué à la relance économique de la ville. Avant d’aller plus loin, reconnaissons que la situation économique de la Matanie est relativement saine et a effectivement fait l’objet de beaux efforts qui ont mené à une amélioration et à l’arrivée de nouveaux joueurs économiques et industriels. Mais est-ce un bilan suffisant? Économiquement et industriellement parlant, il y a eu redressement, soit. Qu’en est-il des éléments énumérés plus haut? Qu’en est-il du développement à venir? Les élections municipales approchent, et aucun des deux candidats à la mairie ne semble proposer explicitement de renouveau, du moins si on se fie aux articles laconiques qu’on peut lire dans nos hebdomadaires locaux. Alors que Guy A. Gauthier chercherait à s’entourer d’une équipe encore peu définie et plutôt hétéroclite, équipe qui serait peuplée de jeunes, de femmes, de nouveaux et d’anciens, pourquoi n’y aurait-il pas une réelle alternative en politique municipale à Matane? Au conseil municipal ces derniers temps, on pouvait voir autre chose que les habituelles « têtes blanches », preuve que la jeunesse reste à l’affût de ce qui se passe au conseil et qu’elle est prête à bondir au besoin, n’en déplaise à ceux et celles que ça bouscule.

L’alternative politique pourrait très bien se matérialiser en candidatures jeunesse. Au moins un candidat ou une candidate jeunesse par siège! Certains et certaines ont déjà tenté leur chance par le passé, sans récolter une majorité de votes mais en obtenant des résultats fort respectables. Et pourquoi pas une équipe jeunesse, un parti jeunesse, qui saurait faire vibrer par son enthousiasme une campagne électorale qui s’annonce peu passionnante? Du dynamisme, des idées nouvelles, beaucoup d’énergie pour déplacer la poussière et les montagnes et pour manier le bélier lorsqu’il se doit. Et, surtout, une vision d’avenir plutôt qu’une gestion bric-à-brac au jour le jour. Les électeurs matanais, jeunes et moins jeunes, sont mûrs pour un tel changement. Y aura-t-il des acteurs en liste avant que tombe le rideau en novembre? Des organismes régionaux et nationaux militent depuis quelques mois en faveur d’une plus grande implication en politique municipale des femmes et des jeunes. Les élections de novembre prochain seraient l’occasion pour la jeunesse matanaise de prouver qu’elle n’est pas endormie et qu’elle a à cœur le développement et l’avenir de sa municipalité!

Texte proposé par Pascal St-Amand

2 commentaires:

  1. Avant d'écrire ces propos, je n'avais pas pris connaissance de la candidature à la mairie d'Anick Fortin. En voilà une candidature jeunesse!

    http://www.anickfortin.com/
    http://www.facebook.com/group.php?gid=147085191153&ref=mf

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  2. À l'inverse, la Ville doit aussi se donner les moyens d'accueillir des candidatures jeunesse intéressantes. Gaspé a un jeune maire, mais elle le paie 66 000$ par année.

    Catherine B.

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