mardi 1 décembre 2009

Les dinosaures de l’ère du vert



Comme beaucoup de Matanais, j’attendais avec impatience l’ouverture du St-Hubert. Dès la première semaine, j’ai donc été parmi celles qui tentaient de se frayer un chemin dans le stationnement - qui visiblement n’était pas préparé à tant d’enthousiasme.

Constat : le concept express, outre le fait qu’il permet d’exagérer sur les doses de sauce brune sans trop attirer l’attention, me plait beaucoup moins que la formule traditionnelle. Encore de la nourriture trop rapidement avalée, un moment dégluti en quatrième vitesse. Et puis, l’inévitable corollaire du fast-food : le jetable. Des verres, ustensiles et assiettes qui trouvent le chemin des ordures après n’avoir servi que 15 minutes. Mon remord fut légèrement amoindri lorsque j'ai remarqué une affiche indiquant que la rôtisserie favorite des Québécois offrait désormais de la vaisselle compostable!… Oui, me direz-vous, ça ne va pas enrichir l’humus de nos violettes africaines, mais bien plutôt s’entasser dans le site d’enfouissement de la Ville. Soit. Mais il s’agit au moins d’un bel exemple d’une entreprise qui réalise qu’il est dans l’air du temps de se mettre au vert…

Alors qu’à la veille de la conférence de Copenhague, on parle d’environnement sur toutes les tribunes, il apparaît en effet conséquent que des entreprises profitent de l'engouement pour l’achat écolo et offrent aux « consom’acteurs » des produits répondant à leurs nouvelles aspirations de développement durable. Le marketing vert pourraient bien constituer le premier pas vers une prise de conscience du consommateur. Désormais, acheter vert, c’est tendance. Lorsque le message n’est plus véhiculé par les écolos de service, mais dans notre quotidien - au resto du coin - il devient davantage qu’un leitmotiv pour les gauchistes et autres révolutionnaires barbus. Madame Gingras et Monsieur Robitaille peuvent se l’approprier plus aisément.

Mais voilà qu’en entrant chez Tim Hortons, j’ai été saisie par une affiche qui doit être là depuis un certain temps. On y voit des canettes et des bouteilles de plastique jonchant la verte pelouse d’un parc municipal, sous laquelle un slogan enjoint le consommateur de beignes à jeter ses déchets dans les vidanges. Vous avez dit jeter? Quoi, des bouteilles d’eau écrasées? Des années de formation à l’ABC du bac bleu réduites à néant! Sous prétexte de véhiculer une consigne de civisme (« Jetez vos déchets aux ordures, pas par terre »), on revient dix ans en arrière… Et le recyclage alors?

La nouvelle politique des matières résiduelles, rendue publique récemment, incitera peut-être les entreprises à effectuer le virage. Celle-ci consacre (enfin) le principe du pollueur-payeur. Désormais, le coût des services municipaux de récupération et de mise en valeur des matières recyclables sera entièrement assumé par les entreprises qui, par leurs produits suremballés, encombrent les sites d’enfouissement. On prévoit également aider les municipalités à se doter d’infrastructure de compostage et de biométhanisation. J’ai déjà hâte de mettre mon assiette compostable dans un bac brun!

Il y avait déjà eu les verres « Déroule le rebord » pour s’assurer d’inciter à se faire servir son café dans un verre jetable plutôt que dans les tasses réutilisables qui gardent si bien le breuvage au chaud. Maintenant cette affiche qui fait la promotion des poubelles. Vivement que ces dinosaures de l’image se mettent à l’ère du vert!


Texte proposé par Catherine Berger

lundi 23 novembre 2009

AVIS DE RECHERCHE


La Table Jeunesse de la Matanie est à la recherche de jeunes de 15 à 35 ans résidant dans la MRC pour combler les postes suivants :

Délégué(e) à l’administration

- Assiste la coordination de la Table Jeunesse dans l’accomplissement de ses tâches

- Organise et archive les documents de la Table

- Rédige les procès-verbaux et voit aux besoins techniques entourant la tenue des réunions

Délégué(e) aux communications

- Rédige les communiqués de presse et autres documents, selon les besoins de la Table

- Entretient le lien avec les médias locaux, en concertation avec les autres membres

- Gère la correspondance officielle de la Table

- Veille à la mise à jour du blogue « Airs salins et propos malins » et à la page Facebook de la Table

Délégué(e) politique

- Effectue une veille de l’actualité de la MRC

- Informe les membres de la Table des dossiers constituant des enjeux importants pour les jeunes de la Matanie

- Entretient le lien avec les instances décisionnelles

Délégué(e) socio-culturel

- Entretient le lien avec les associations et organismes du milieu

- Organise des activités sociales et culturelles afin de créer et d’entretenir le sentiment d’appartenance des jeunes envers la Table (rétention des membres)

Délégué(e) à la logistique d’événements

- Coordonne les événements organisés par la Table afin de s’assurer que les ressources humaines et matérielles soient déployées de manière optimale

- Répartit les tâches entre les membres selon leurs intérêts et disponibilités

Représentant(e) du Cégep de Matane

- Établit et entretient le lien avec la population étudiante du Cégep

- Informe la Table des activités organisées au Cégep et des dossiers importants en lien avec les préoccupations des étudiants

Représentant(e) du milieu

- Assiste les autres membres de la Table dans leurs tâches

- Propose et initie des activités visant l’animation du milieu

TOUS LES MEMBRES DE LA TABLE JEUNESSE :

- Sont à l’écoute des priorités de leur milieu, prennent position sur les enjeux qui les touchent et transmettent leurs idées aux représentantes de la Commission Jeunesse afin qu’elles soient portées au niveau régional

- Proposent et organisent des événements et des projets porteurs pour les jeunes de la Matanie

D’autres défis que ceux décrits ici t’interpellent? Tu sens que tu aurais quelque chose à apporter à ton milieu à travers la Table Jeunesse?

Contacte-nous! Il y a de la place pour toi!

Délégué(e) ou non, il t’est possible de t’exprimer ou de mettre un projet de l’avant!

La Table Jeunesse de la Matanie

La Table Jeunesse de la Matanie est une des tables locales appuyées par la Commission Jeunesse du Bas-Saint-Laurent. Elle vise à promouvoir la participation et l’engagement des jeunes dans la communauté ainsi qu’à offrir un lieu de réflexion, de concertation et d’action à la relève de Matane.

Pour nous rejoindre :

Sur Facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=43623914382&ref=ts

Sur Blogger : http://www.tjmatanie.blogspot.com/

Par courriel : tjmatanie@live.fr

Par téléphone, au Carrefour Jeunesse Emploi (CJE): 418-566-6749

mercredi 11 novembre 2009

Semer les éoliennes à tout vent!



Permettez-moi de vous raconter une histoire familiale. En fait, mon arrière-grand-père Charles-Émile Fillion était un cultivateur. Il était propriétaire d’une terre à Saint-René de Matane et comme tout cultivateur de l’époque, il a défriché sa terre. Un jour une entreprise, sans la nommer, a proposé à mon arrière grand-père d’installer un poteau de fils électrique sur son terrain en contrepartie d’une compensation monétaire. Étant entêté de nature, il refusa catégoriquement ce disant, qu’il avait travaillé l’ensemble de sa vie à couper les arbres et qu’une entreprise ne lui planterait certainement pas un arbre dans sa cour! Finalement, l’entreprise installa son poteau de l’autre côté de la route, directement dans le champ de vision de mon arrière grand-père lorsqu’il se berçait sur son balcon!

Cette histoire me fait penser au débat actuel portant sur l’implantation des éoliennes sur notre territoire. Certains donneraient leur parcelle de terre pour recevoir une bourse d’une compagnie en dépit de tous les impacts de cette structure. D’autres sont catégoriquement contre tandis qu’un certain nombre appuie l’éolien à certaines conditions. Personnellement, je suis de ce dernier groupe. Au point de vu environnemental, l’éolien constitue sans l’ombre d’un doute une des avenues pour la production d’énergie verte. Au niveau économique, la production d’éolienne est un secteur industriel qui s’annonce comme une terre de salut en Gaspésie, surtout avec la fragilité des secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la forêt. La MRC de Matane en tire bien les avantages par la construction de pièces d’éoliennes (Marmen, Production VCI et dans un avenir très proche Enercon) sans oublier au passage, les retombées aux sous-traitants. Ainsi, il serait très mal placé de critiquer les bénéfices de ces retombés économiques dans notre région. Cependant, le choix de l’emplacement de parcs éoliens et du positionnement de certaines éoliennes constituent des sujets souvent épineux dans les communautés. L’échec de différents projets de parc éolien au Québec durant la dernière année nous démontre que les efforts de petits groupes collectifs peuvent faire fléchir l’échine d’une entreprise privée qui veut se lancer dans le développement d’un projet éolien (Sainte-Luce, etc.). Différents arguments sont soulevés surtout en ce qui concerne l’accessibilité sociale des projets. Dans certaines communautés, telles que Sainte-Luce, la MRC de l’Érables et même en Australie (Voir : Éoliennes: les tensions persistent dans l'Érable), des groupes de pro-éoliennes et anti-éoliennes se forment, des campagnes d’information sont organisées et souvent le ton monte entre les antagonistes. Une division très profonde se forme au sein de ces communautés. La zizanie s’installe et même après l’installation du parc ou de l’échec du projet, la communauté reste avec un profond fractionnement qui sera très long à guérir.

En Gaspésie, nous avons plusieurs projets déjà établis sur notre territoire et quelques autres sont en cours. Outre les répercussions locales, qui ne sont pas négligeables, il est à se demander jusqu'à quelle limite le développement de parc éolien s’étendra au niveau régional. Parallèlement à ce questionnement, il est à se demander jusqu'à quel point le développement éolien pourrait avoir des répercussions sur un des créneaux forts de notre économie Gaspésienne : le tourisme. La Gaspésie est reconnue pour la qualité paysagère de sa route touristique, Le National Géographic la classé au 3e rang des destinations au monde. Tout récemment, le ministère du Tourisme s’est prononcé dans un mémoire déposé au BAPE pour le projet de Gros Morne et soulève quelques points à propos de l’impact des futures projets éoliens sur l’avenir du tourisme dans notre région : «L’enjeu principal pour le ministère du Tourisme est de préserver le capital touristique de la Gaspésie sans entraver le développement éolien ni se substituer aux autorités concernées. Ce ministère est d’avis que l’effet cumulatif d’un tel développement pourrait compromettre l’orientation ministérielle qui vise l’atteinte d’un tourisme durable dans cette région».

Différents documents et outils créés par les autorités locales, permettent d’éviter des dérapages tels que des éoliennes trop près de la route, ou des maisons, et ce aussi, pour éviter les désagréments visuels de ces structures (Règlement de contrôle intérimaire, entre autres). Toutefois, le rapport final du BAPE, pour le même projet nous rappelle que les communautés locales sont loin d’être bien préparé pour protéger leur paysage : «De plus, en l’absence d’une réflexion régionale sur la mise en valeur, la protection et la gestion des paysages, le promoteur n’a pu l’inclure dans la planification de ses projets. C’est d’ailleurs pour cette raison que la commission d’enquête estime que les MRC susceptibles d’accueillir des projets éoliens devraient définir un cadre d’aménagement relatif à l’implantation d’éoliennes fondé sur une démarche de réflexion concertée permettant de dégager une vision régionale de protection, de gestion et de mise en valeur des paysages. En outre, les MRC, les municipalités et les promoteurs devraient mettre en place, dès qu’un intérêt est manifesté pour un territoire donné, un comité de concertation pour favoriser une insertion harmonieuse des projets de parcs éoliens.» Par ces recommandations, le BAPE lance un message très clair, les communautés locales doivent réfléchir à l’importance de leur paysage et définir ceux qu’ils veulent protéger.

Considérant que l’impact visuel des éoliennes a une répercussion sur différents secteurs, il serait surement préférable que cette réflexion considère la valeur de ces paysages en tant que patrimoine collectif, mais aussi comme composante de l’offre touristique. Ainsi, cette démarche devrait être très inclusive auprès de tous les intervenants des communautés détenant un potentiel de projet éolien. À partir des intérêts mentionnés par les communautés, il serait possible de fixer des balises qui permettront de définir jusqu’à quelle limite pourraient se développer les projets éoliens sur le territoire des communautés sans compromettre le paysage et en respect des communautés locales. Ces mêmes balises définiraient, par la même occasion, les territoires sur lesquels les gens des communautés seraient prêts à y voir pousser des éoliennes. Finalement, cette réflexion donnerait beaucoup d’informations afin de définir quelles seraient les règles à respecter afin d’atteindre une certaine acceptabilité sociale.

Pour certains, cette réflexion amènerait des limites trop contraignantes, mais est-ce que la Gaspésie peut courir le risque de nuire à ses paysages et par le fait même à son industrie touristique? Démontrons plutôt qu’ici en Gaspésie, nous sommes capables faire cohabiter des éoliennes tout en préservant la qualité de nos paysages et devenons un exemple de région qui a su se développer de façon durable!

Texte proposé par Benoit Lévesque Beaulieu


Pour en savoir plus :

ÉNERGIE ÉOLIENNE ET ACCEPTABILITÉ SOCIALE - Guide à l'intention des élus municipaux du Québec » : http://www.uqar.qc.ca/crdt/fr/frames.html

Un projet de parc éolien qui divise :

http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2009/07/30/001-projet-eolien-st-ferdinand.shtml?ref=rss

Éoliennes: les tensions persistent dans l'Érable :

http://www.visiondurable.com/actualites/energie/6491-eoliennes-les-tensions-persistent-dans-lerable

BAPE Gros Mornes :

http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape255.pdf

Éolien, zonage et mises en demeure

http://www.visiondurable.com/actualites/energie/6515-eolien-zonage-et-mises-en-demeure

Gaspésie 3e au monde

http://traveler.nationalgeographic.com/2009/11/destinations-rated/north-america-text/20#gaspe

http://www.facebook.com/notes/gaspesie-je-taimecom/merveilleuse-gaspesie-3e-destination-au-monde/203849971356

mardi 22 septembre 2009

On veut savoir ce que vous en pensez!

Dans le cadre de l'organisation d'une soirée de présentation des candidats aux prochaines élections municipales (Ville de Matane), votre Table Jeunesse organise une consultation virtuelle.

Merci de prendre quelques minutes pour nous indiquer vos priorités en matière d'enjeux municipaux. Ainsi, nous pourrons orienter les questions qui seront posées aux candidats en fonction de vos préoccupations!

SONDAGE:

35 ans et moins:
http://www.surveymonkey.com/s.aspx?sm=477M1Ins6KVxeQ8Bosncew_3d_3d

35 ans et plus:
http://www.surveymonkey.com/s.aspx?sm=PXG6WrQ5lEyQARAN1xyChQ_3d_3d



COMMUNIQUÉ DE PRESSE:

LA TABLE JEUNESSE VEUT CONNAÎTRE LES PRÉOCCUPATIONS
DES CITOYENS DE MATANE


Matane, le 22 septembre 2009 – La Table Jeunesse de la Matanie organise une consultation virtuelle afin de connaître les priorités des citoyens de la ville de Matane. Les résultats serviront dans le cadre d’une soirée de présentation des candidats aux prochaines élections municipales.

Jusqu’au 7 octobre, la Table Jeunesse procédera à un sondage Internet visant à connaître les préoccupations de la population matanaise. Ces thèmes serviront à orienter les questions qui seront posées aux candidats au cours d’une soirée publique de présentation. Pour participer à cette démarche de consultation, la population est invitée à se rendre sur le blogue de la Table afin de répondre au sondage :

http://www.tjmatanie.blogspot.com/

La soirée de présentation des candidats aura lieu le mercredi 14 octobre à 19h00, à l’Auditorium du Cégep de Matane. L’objectif de l’événement n’est pas d’instaurer un débat, mais de permettre aux candidats de s’exprimer sur une même tribune sur les enjeux de la campagne. Cinq d’entre eux ont déjà confirmé leur présence à l’événement et profiteront de l’occasion qui leur est offerte pour exposer aux citoyens leurs idées et projets pour la Ville de Matane.

L’activité, organisée en collaboration avec l’Association Étudiante du Cégep de Matane, est gratuite et ouverte à tous. Compte tenu du taux élevé d’abstention aux dernières élections municipales, en particulier chez les jeunes, la Table compte déployer des efforts particuliers pour les rejoindre.

La Table Jeunesse de la Matanie est une des tables locales regroupées au sein de la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent. Elle vise à promouvoir la participation et l’engagement des jeunes dans leur collectivité ainsi qu’à offrir un lieu de réflexion, de concertation et d’action à la relève de Matane.

lundi 14 septembre 2009

La sagesse des Winnebagos




Néo-matanaise, certaines subtilités de l'urbanisme local m'échappent parfois. Le trajet qui me mène de mon appartement du centre-ville jusqu'aux Galeries du Vieux Port apporte toujours son lot de réflexions et de questionnements sur l'aménagement des rives. Ainsi, je n'avais pas compris, jusqu'à récemment, le pourquoi de l'existence du bassin qui borde le Hart. Pourquoi en effet terminer abruptement la jolie promenade des Capitaines par un bateau échoué et un étang stagnant où flottent sacs de plastique et déchets divers?

Ce n'est que la semaine dernière, en m'arrêtant pour observer les murales du centre commercial que m'est apparue la réponse. Des passants flânant doucement sur les bords d'un bassin bleu ciel où flottent de petits voiliers. Des maisonnettes colorées, des fleurs, des enfants. La scène - idyllique - a quelque chose de triste, par contraste avec l'état actuel des lieux. À l'embouchure de la rivière Matane, on voudrait voir le littoral animé du grand fleuve, mais on ne trouve qu'un stationnement et une piscine sale - boudée même par les goélands.
 
Comme tout le monde, j'ai pesté une partie de l'été contre ces immenses roulottes qui se stationnent sur le bitume derrière les Galeries plutôt que d'encourager l'économie locale et d'aller découvrir ce que Matane a à offrir en termes de paysages verts. Mais à bien y réfléchir, il me semble que ces maisons sur roues ont compris quelque chose que nous avons du mal à saisir. Quelque chose comme la beauté du fleuve. Quelque chose comme le plaisir d'être à deux pas du centre-ville et d'humer les parfums de varech. Quelque chose qui semble évident pour les touristes de passage, mais que nous n'arrivons pas à mettre en valeur autrement qu'en parking de fortune. J'ai alors salué toute la sagesse des Winnebagos... 

Texte proposé par Catherine Berger



mercredi 19 août 2009

Vent de changement?



Ne trouvez-vous pas que ça sent les élections municipales? Pas à plein nez, évidemment, mais un peu comme on sent occasionnellement des effluves de soupe Lipton ou d’autres plats odorants lorsqu’on marche de rue en rue, on voit poindre ça et là quelques signes de la campagne électorale qui approche. Disons seulement que pour le moment, le scrutin qui s’en vient est loin de susciter les passions dans la Matanie. Alors que les annonces de candidatures et de retraits de la vie politique se multiplient un peu partout dans la province, on ne sait pas grand-chose du portrait qui se présentera ici aux électeurs en novembre prochain. Linda Cormier quitte, définitivement semble-t-il, et les deux seuls candidats annoncés à sa succession sont Guy A. Gauthier, actuellement conseiller, et Jean Nazair, anciennement maire de Ste-Paule. Du côté des sièges de conseillers, tout reste encore à déterminer.

Alors que la date du suffrage approche, le temps serait-il venu pour la jeunesse matanaise de se faire entendre? Même si le conseil municipal sera amputé de deux postes de conseillers, ce qui fait suite à une décision qui a nécessité que madame Cormier exerce son droit de vote et qui réduit encore plus l’accessibilité à la politique municipale pour les jeunes, ne serait-il pas temps que des candidatures jeunesse soient déposées pour tous les sièges du conseil? Pas besoin d’aller somnoler aux séances du conseil deux fois par mois et de lire ligne par ligne nos hebdomadaires locaux pour se rendre compte qu’il existe présentement un profond malaise à Matane, malaise qui opère à plusieurs niveaux et qui indispose une multitude de personnes, notamment des jeunes. Une simple promenade en ville et quelques jasettes sur le trottoir suffisent pour dresser un portrait plus ou moins reluisant de la municipalité et de ce qui s’en dégage.

Combien de dossiers sont menés de façon erratique? Résidence pour personnes âgées, rénovation du centre sportif Alain-Côté, salle de spectacle, pour ne nommer que ceux-là. Plusieurs s’inquiètent du fait que l’administration municipale semble naviguer à l’aveuglette parmi les dossiers. On questionne de plus en plus l’absence d’un réel schéma de développement pour la ville, schéma qui comporterait parmi ses objectifs beaucoup plus que du développement industriel et éolien. Un plan de développement qui pourrait insister sur plusieurs points qui occupent présentement le dessous de la pile des priorités municipales, s’ils figurent dans ladite pile, évidemment : communication, transparence, culture, arts, développement durable, environnement, revitalisation du centre-ville… Autant de dossiers qui sont problématiques à Matane et qui devraient être à l’ordre du jour d’ici novembre. Et qu’on ne vienne pas me faire croire que le conseil municipal y a travaillé. Au contraire, dans certains cas, la situation semble empirer. À Matane, on peut entendre dire qu’on va développer le centre-ville en aménageant une salle de spectacle moderne en périphérie du cœur urbain. À Matane, on peut citer un bâtiment comme monument historique pour ensuite l’abandonner grossièrement à un promoteur immobilier. À Matane, on peut à la fois annoncer en grand une nouvelle politique de l’arbre et sacrifier tout bonnement un des seuls espaces verts de la ville. On peut aussi, si on prête moindrement oreille, entendre des histoires abracadabrantes qui laissent perplexes quant à la nature et à la qualité des relations entre les autorités municipales et les citoyens et organismes qui l’entourent. La ville est malade, on pourrait continuer longtemps d’énumérer tout le négatif qui s’y rattache.

Cependant, madame Cormier quitte après deux mandats avec le sentiment du devoir accompli et se targue d’avoir contribué à la relance économique de la ville. Avant d’aller plus loin, reconnaissons que la situation économique de la Matanie est relativement saine et a effectivement fait l’objet de beaux efforts qui ont mené à une amélioration et à l’arrivée de nouveaux joueurs économiques et industriels. Mais est-ce un bilan suffisant? Économiquement et industriellement parlant, il y a eu redressement, soit. Qu’en est-il des éléments énumérés plus haut? Qu’en est-il du développement à venir? Les élections municipales approchent, et aucun des deux candidats à la mairie ne semble proposer explicitement de renouveau, du moins si on se fie aux articles laconiques qu’on peut lire dans nos hebdomadaires locaux. Alors que Guy A. Gauthier chercherait à s’entourer d’une équipe encore peu définie et plutôt hétéroclite, équipe qui serait peuplée de jeunes, de femmes, de nouveaux et d’anciens, pourquoi n’y aurait-il pas une réelle alternative en politique municipale à Matane? Au conseil municipal ces derniers temps, on pouvait voir autre chose que les habituelles « têtes blanches », preuve que la jeunesse reste à l’affût de ce qui se passe au conseil et qu’elle est prête à bondir au besoin, n’en déplaise à ceux et celles que ça bouscule.

L’alternative politique pourrait très bien se matérialiser en candidatures jeunesse. Au moins un candidat ou une candidate jeunesse par siège! Certains et certaines ont déjà tenté leur chance par le passé, sans récolter une majorité de votes mais en obtenant des résultats fort respectables. Et pourquoi pas une équipe jeunesse, un parti jeunesse, qui saurait faire vibrer par son enthousiasme une campagne électorale qui s’annonce peu passionnante? Du dynamisme, des idées nouvelles, beaucoup d’énergie pour déplacer la poussière et les montagnes et pour manier le bélier lorsqu’il se doit. Et, surtout, une vision d’avenir plutôt qu’une gestion bric-à-brac au jour le jour. Les électeurs matanais, jeunes et moins jeunes, sont mûrs pour un tel changement. Y aura-t-il des acteurs en liste avant que tombe le rideau en novembre? Des organismes régionaux et nationaux militent depuis quelques mois en faveur d’une plus grande implication en politique municipale des femmes et des jeunes. Les élections de novembre prochain seraient l’occasion pour la jeunesse matanaise de prouver qu’elle n’est pas endormie et qu’elle a à cœur le développement et l’avenir de sa municipalité!

Texte proposé par Pascal St-Amand

vendredi 10 juillet 2009

À vos plumes!


Matanais et Matanaises,
Jeunes et moins jeunes,

Voici le blogue de la Table Jeunesse de la Matanie!

Une tribune offerte à toutes les crevettes qui n'ont pas la plume dans leur poche! Articles, idées, coups de coeur, coups de gueule...

L'idée est de se doter d'un espace en ligne ouvert pour exposer nos vues sur les enjeux de la jeunesse dans notre coin de pays. Développement, retour en région, entrepreneuriat local...

Vous êtes invités à nous envoyer vos textes:
tjmatanie@live.fr


jeudi 25 juin 2009

BONUS D’OCCUPATION : LES CRÉDITS D’IMPÔTS POUR DIPLÔMÉS

 


Matane - le 2 avril 2009 - Le 17 mars dernier à Matane se tenait une consultation sur le projet de loi portant sur le crédit d’impôt pour les nouveaux diplômés travaillant en région – le projet de loi C-288. Si la rencontre visait surtout à récolter des appuis supplémentaires pour un projet devant être adopté prochainement, il appelait pour les participants, dont la Table Jeunesse de la MRC de Matane, à un exercice de réflexion sur les facteurs incitant à s’établir en région.

Depuis 2006, les jeunes diplômés travaillant dans une « région  ressource éloignée » peuvent obtenir au provincial un crédit d’impôt non remboursable. L’économie réalisée pour ceux se prévalant de la mesure peut ainsi atteindre 3 000$ par an, jusqu’à concurrence de 8 000$  échelonné sur 3 ans. Un incitatif à l’établissement en région ou un « bonus d’occupation » pour ceux qui décident d’y rester.

Cette initiative fiscale, le Bloc Québécois souhaite maintenant l’étendre au niveau fédéral. En effet, le projet de loi C-288, calqué sur la mesure déjà en vigueur au provincial, se base sur le succès présumé de cette dernière pour étendre l’incitatif financier au fédéral. Les jeunes diplômés choisissant de s’établir ou de demeurer par exemple dans le Bas-Saint-Laurent ou en Gaspésie, bénéficieraient alors d’un crédit total pouvant aller jusqu’à 16 000$. Une somme non négligeable dans un contexte d’endettement étudiant, fait-on valoir.

Ce projet de loi, déjà déposé une première fois en 2006, avait alors franchi toutes les étapes à la Chambre des Communes, mais le déclenchement des élections anticipées l’avait fait mourir au feuilleton. Le Bloc, de retour à la case départ, revient à la charge une seconde fois et cherche à recueillir les appuis du milieu afin de faire pression pour que cet amendement à la loi sur les impôts recueille l’appui des députés conservateurs qui s’y sont opposés.

L’objectif est ambitieux. Freiner l’exode vers les grands centres, relancer l’économie régionale grâce à l’apport de cette nouvelle main-d’œuvre. Le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia (ouf!), Jean-Yves Roy, reconnaît d’ailleurs que la mesure proposée est insuffisante, même s’il s’agit selon lui d’un bon point de départ. Impossible toutefois de connaître les retombées concrètes du crédit d’impôt au provincial. Dans les arguments présentés, on mesure le succès en termes de jeunes ayant bénéficié du crédit, mais on ignore si leur décision de s’établir dans une des régions ressources a été effectivement motivée par ce « bonus financier ».

La mesure ne fait pas l’unanimité. Lors de la consultation du 17 mars à Matane, divers groupes se sont exprimés, dont des jeunes issus des milieux agricoles et sylvicoles. Selon eux, ces mesures sont peu adaptées à leur cas. Un crédit d’impôt favorise en effet ceux qui gagnent un revenu suffisamment élevé pour payer de l’impôt. Or de nombreux exploitants agricoles et travailleurs autonomes ne réalisent pas de bénéfices au cours des premières années.

Soyons clairs. L’objectif principal de la mesure n’est pas de contrer l’exode au sens large, mais de faire face à la pénurie de main d’œuvre spécialisée. Elle ne s’attaque pas au problème de l’emploi : elle intervient a posteriori, puisqu’elle vise les jeunes occupant des postes dans leur secteur d’activités, des jeunes qui auraient pu aller exercer leur métier ailleurs – à Québec ou Montréal. Toutefois, ces jeunes issus de l’agriculture ou de la foresterie peuvent légitimement se demander pourquoi leur profession ne serait pas elle aussi essentielle en région, et donc ne pourrait être avantagée de la même manière celles d’ingénieur ou de médecin.

Malgré ces nuances, la mesure est certainement un coup de pouce bienvenu pour ceux qui ont fait le choix de vivre en région. Le montant peut servir au remboursement des dettes étudiantes ou encore à l’achat d’un véhicule - malheureusement indispensable hors des centres urbains. Il peut enfin permettre de pallier à la différence salariale entre un poste en région et un dans les grands centres.

Il faut toutefois garder en tête que le retour en région est davantage un appel du cœur que du portefeuille. Beaucoup de jeunes diplômés veulent d’abord un emploi stimulant, un cadre de vie agréable, un milieu social et culturel dynamique. Or on considère souvent en premier lieu les aspects économiques lorsqu’il est question de mettre en place des incitatifs à l’établissement en région. Mais bien que ces aspects soient effectivement importants, d’autres facteurs interviennent pourtant, même s’ils se chiffrent moins facilement que des millions de dollars consentis en crédit d’impôts ou des centaines d’emplois créés. Toutefois, lorsque vient le temps donner une âme à une région, ils comptent.

Parmi les causes des migrations vers les grands centres et la dévitalisation des petites collectivités de l’Est du Québec, on entend souvent les mêmes explications revenir en boucle : faible diversification de l’économie, crise forestière, politiques gouvernementales centralisatrices… Des facteurs sur lesquels le citoyen ordinaire se sent un pouvoir d’action limité, confronté à une réalité apparemment trop vaste et complexe. Un constat démobilisateur.

On néglige souvent les facteurs plus près du local - les causes endogènes, celles dont on est au moins en partie responsables. Parmi elles : les faibles niveaux de leadership et d’entrepreneurship local. Les études sur le sujet le disent pourtant : des idées novatrices menant à la création d’entreprises et de projets communautaires sont plus susceptibles de générer un environnement social et économique dynamique à même d’ancrer les jeunes dans leur milieu et d’ainsi contrer le processus migratoire. Il n’est pas ici question de s’improviser homme d’affaire pour tenter de vivifier l’économie de sa ville à grands coups d’investissements. Il s’agit plutôt de se rouler les manches et de se jeter dans l’action. De lancer des idées nouvelles, de s’impliquer dans un groupe local, de mettre sur pied des projets à sa mesure et pour sa collectivité.

Pour les jeunes, ceux-là mêmes qu’on souhaite attirer grâce aux crédits d’impôts, ce que ça implique est certainement plus exigeant que d’empocher un montant qui récompense d’avoir choisi la vie en région. Pourtant, ce bouillonnement qu’ils recherchent d’instinct dans le dynamisme des grandes villes, il résulte souvent de leur action! Plus scolarisés et flexibles, les jeunes sont en effet davantage enclins que leurs aînés à remettre en question le statut quo et à innover. Et cette effervescence qui doit venir casser l’image trop souvent véhiculée d’une région ennuyante, elle n’est pas seulement économique. Elle est aussi sociale, puisque ce sont les idées de gens motivés par le potentiel de leur milieu qui se transforment en projets d’entreprise. L’entrepreneur est d’abord un innovateur.

Parmi les nombreuses possibilités offertes permettant de dynamiser le milieu, les groupes jeunesse constituent une façon d’être autrement présent en région. À Matane, la toute nouvelle Table Jeunesse, regroupement local supporté par la Commission Jeunesse du Bas-Saint-Laurent, offre une plateforme aux jeunes Matanais pour discuter et agir pour le développement de leur MRC. Pour les nouveaux arrivants, des initiatives de ce type permettent de constater la vitalité d’un milieu. Des jeunes prennent la parole, mettent sur pied des événements. Le festival de la crevette n’est plus, mais Matane grouille de vie. Un théâtre professionnel voit le jour. La cellule locale de Kino lance des ateliers d’initiation à la caméra. La ligue d’improvisation divertie le public à toutes les semaines. Exit l’impression de mettre les pieds dans une petite ville moribonde où les gens de retour du boulot se postent devant leur téléviseur dès 5 heure et quart. Il reste beaucoup à faire, mais c’est une bouffée d’air salin bienvenue lorsqu’il nous prend une nostalgie de la capitale!

Occuper un poste en région mérite certainement un petit bonus comme celui que veut nous offrir le Bloc. Pour occuper le territoire et dynamiser la Matanie, nulle mesure, même imparfaite, n’est superflue. Son efficacité pour convaincre les jeunes de s’établir reste toutefois encore à démontrer.  Car le défi est de taille : partout, on nous reflète une carte du Québec déformée, sur laquelle la région de Montréal est une mégapole hypertrophiée entourée de vagues trous noirs. Notre région n’existe qu’à peine : pas étonnant qu’on n’ait pas envie d’y vivre, en particulier lorsqu’on est jeunes et prêts à saisir les mille opportunités qui s’offrent à nous. Convaincre du contraire demande des efforts constants. Des efforts des gouvernements certes, mais surtout des efforts de ceux qui connaissent ce territoire, qui y vivent.

À nous donc, jeunes du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, de faire mentir ceux qui associent la région à l’apathie. Pour y parvenir, il ne suffit pas de faire simplement acte de présence dans les limites d’une zone qu’on nomme « région ressource ». Notre seule présence, même si elle peut constituer à certains égards un acte de résistance aux pouvoirs d’attraction des centres urbains, n’assure pas en soi l’occupation du territoire d’une façon durable. Puisque combler une lacune, contrer la pénurie, c’est encore seulement tenter d’atteindre le seuil de la viabilité. Il ne faut pas seulement habiter la région : il faut en être un citoyen actif.

Catherine Berger

au nom de la Table Jeunesse